Grande habituée des expositions de la Fondation Louis Vuitton – avec une pensée toute particulière pour l’extraordinaire rétrospective dédiée à Charlotte Perriand –, j’attendais beaucoup de cette nouvelle proposition consacrée à David Hockney. Et pourtant, malgré la richesse évidente de l’ensemble, je ressors avec un sentiment profondément partagé.

Le parcours, ambitieux, retrace près de soixante-dix ans de création et explore les multiples facettes de l’artiste britannique. Si certaines parties m’ont émerveillée, d’autres m’ont laissée assez perplexe. C’est notamment le cas de la troisième salle, dédiée aux « dessins photographiques », qui m’a semblé dénuée de substance : une accumulation d’images sans réelle tension formelle ni profondeur plastique, presque décorative.

Plus loin, les œuvres réalisées sur iPad, auxquelles une place non négligeable est accordée, m’ont également déroutée. Si le médium numérique est en soi plein de potentiel, et s’intègre dans une réflexion contemporaine sur les outils de création, je peine à considérer ces productions comme de véritables œuvres d’art. Elles m’ont semblé trop expérimentales, trop lisses, et surtout, surexposées.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : l’exposition n’est pas dénuée de qualités. J’ai particulièrement apprécié la scénographie, et notamment le jeu très réussi entre salles claires et obscures, qui accompagne intelligemment le passage aux nocturnes. Ces peintures sombres, souvent introspectives, gagnent en intensité dans l’obscurité. Et bien sûr, les toiles aux couleurs vibrantes, typiques de Hockney, restent splendides, vibrantes de vie et de lumière.

Les vidéos immersives ponctuant le parcours sont bienvenues, mais c’est surtout au dernier étage que mon enthousiasme a retrouvé toute sa force. Le spectacle son et lumière autour de l’opéra, dans un esprit proche de l’Atelier des Lumières, est tout simplement somptueux. Cette démocratisation de l’art numérique, accessible, immersive, ouvre de nouveaux horizons pour la médiation culturelle, notamment auprès des plus jeunes. J’ai adoré.

Enfin, l’un des moments forts de l’exposition reste ce mur de références visuelles, rassemblant des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, de Fra Angelico à Van Gogh, en passant par Picasso. On comprend mieux, ici, les réflexions profondes de Hockney sur la représentation de l’espace et le regard. Ce dispositif évoque inévitablement l’Atlas Mnémosyne de Warburg, dans sa tentative de cartographier visuellement une pensée artistique.

En somme, une exposition dense, qui propose une immersion complète dans l’univers de Hockney, mais dont certaines sections, trop techniques ou anecdotiques, manquent à mon sens de pertinence. Un parcours à découvrir malgré tout, ne serait-ce que pour ses pics de beauté, ses audaces scénographiques et ses lumières envoûtantes.


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